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Stuffs!

Survivra-t-on au bug de l’an 2000 ?

20 ans plus tard, je ris encore des prédictions apocalyptiques des Nostradami Nul.Zéro qui nous promettaient à l’époque une fin du monde à base de 1 et de 0. Voici donc ce que j’aurais pu écrire un soir de décembre 1999, sans rien inventer, en me contentant d’une revue de presse animée par des publications respectable qui auraient trébuché dans le caniveau pour se noyer dans l’hystérie collective. Et aujourd’hui encore, en 2019, les diseuses de mésaventure courent toujours : les prédictions ont changé de nature mais pas de délire. 

« Il est de plus en plus probable qu’il n’y aura pas d’avions le 1er janvier 2000. »

Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Économie et des Finances, novembre 1998

« C’est comme la fin du siècle, on aura tout compris… » Ce qu’on a surtout compris, c’est que les progrès scientifiques et technologiques formidables dont bénéficie l’humanité depuis le début de l’ère moderne ne sont pas près de venir à bout des superstitions les plus fantaisistes : si la nature humaine est indéniablement dotée d’une salutaire curiosité scientifique, elle est également munie d’une créativité qui s’égare encore trop souvent dans un imaginaire absurde teinté de panique existentielle. Florilège de délires collectifs à relents bibliques sur fond de trompettes de l’apocalypse.

Chassez le naturel, il revient au galop : on aura beau envoyer des hommes sur la lune et cloner des chèvres, l’irrationnel, apparemment infatigable, se rappelle régulièrement à notre « bon » souvenir. En cette veille d’an nouveau, l’on ne peut pratiquement pas ouvrir les yeux ou les oreilles sans lire ou entendre des prédictions catastrophiques brandées Y2K qui feraient passer le prophète Philippulus, qui annonçait à Tintin la fin des temps dans L’Étoile mystérieuse, pour un gars raisonnable.

Et pourtant…

Alors que la planète dénombre déjà plus de 150 millions d’utilisateurs d’Internet, ses effets bénéfiques sur l’évolution de notre civilisation font passer les virus informatiques Melissa et Chernobyl pour de vulgaires rhumes, et les portails Altavista, Lycos et le petit dernier Google, qui vient de sortir de sa phase de beta test, permettent à tout un chacun de retrouver facilement n’importe contenu (scientifique inclus) disponible sur le web. Et grâce à l’application Wiki, qui permet de créer des projets collaboratifs ouverts à tout un chacun, l’on peut imaginer, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, rassembler l’ensemble des connaissances et créations humaines dans une sorte de dictionnaire qui compterait 6 milliards de rédacteurs potentiels.

On pourrait donc légitimement s’attendre à plus de rationalité scientifique de la part de l’espèce humaine. Mais ces progrès accélèrent également la propagation de la bêtise et de la peur de l’effondrement civilisationnel imputé à ce bogue de l’an deux mille qui nous est servi à toutes les sauces : catastrophes nucléaires, avions tombant du ciel, centrales électriques en rade, système financier en lambeaux, émeutes urbaines, guérillas de quartier pour l’appropriation des dernières boîtes de conserve, la liste est aussi longue que débile. Si elle a coûté bonbon en mise à jour logicielles et matérielles dans d’innombrables organisations (100 milliards de dollars rien qu’aux États-Unis), la bombe Y2K annoncée ne sera certainement rien de plus qu’un pétard mouillé. 

À qui profite le délire collectif ?

Avec lassitude, l’on remarquera que les plus ardents oiseaux de mauvaise augure font souvent partie de milieux fondamentalistes ou survivalistes annonçant à intervalles réguliers le prochain « Doomsday », que ce soit par impatience de faire partie des élus lors de l’apocalypse ou tout simplement par appât du gain. Les vendeurs de matériel de camping, d’abris antinucléaires et d’indulgences (les organisations religieuses sont exemptes d’impôt et donc très rentables outre-Atlantique) connaîtront probablement un excellent bilan comptable. Les secteur de l’IT, des éditeurs de software et des fabricants de hardware ne sont pas en reste, l’obsession d’être préparé en vue de la catastrophe imaginaires ayant dopé les chiffres d’affaire du secteur.

Cherchons l’intelligence ailleurs puisque sur Terre elle se fait rare

Puisqu’on trouve assez peu d’amour de la sagesse dans tout ce ramdam, finissons cette année par un peu de philosophie, avec l’existentielle question « Sommes-nous seuls dans l’univers ? », qui trouvera peut-être enfin une réponse grâce au Net : SETI@home, en ligne depuis peu, met en commun la force de calcul des ordinateurs des particuliers qui le souhaitent pour mieux scruter les cieux à la recherche de signes… d’intelligence extraterrestres sous la forme d’ondes radio ! Ce qui est au final infiniment plus rationnel que de prédire que l’humanité devra repartir de zéro juste parce que les deux derniers chiffres du calendrier grégorien font de même.

LIbra : la future cryptomonnaie de Facebook est-elle une bonne nouvelle ?

Le 18 juin dernier, Facebook annonçait la création du Libra, nouvelle cryptomonnaie parrainée par le géant des réseaux sociaux. L’annonce s’accompagnait de moult promesses, et notamment l’accès au système financier pour tous, y compris les pays les moins développés. Utopie ou réalité ? En l’état, on ne peut s’empêcher de faire preuve de cynisme face aux engagements pieux de Mark Zuckerberg. Il faut dire que jusqu’ici, Facebook n’a pas réellement fait preuve de sincérité ou de transparence dans son mode de fonctionnement. Les risques de défaillances, techniques mais aussi politiques, sont nombreux et inquiètent particulièrement les experts financiers. Faisons le point.

Plus le temps passe, plus la promesse du web, ce rêve qu’on nous avait vendu lors de son émergence dans les années 90, semble bien loin de la réalité. On nous avait promis l’accès à l’information pour tous, des logiciels libres, des licences Creative Commons pour partager en toute quiétude nos créations… Et même si ces progrès sont aujourd’hui bien concrets, le web a globalement pris une tournure beaucoup moins philanthrope.

Transformé en galerie commerciale par la grande distribution (et principalement Amazon), devenu outil de propagande, de manipulation et de prolifération des « fake news » (par la magie des réseaux sociaux, Facebook en tête), le web a aujourd’hui pris de vilains atours de régime totalitaire. Nos moindres faits et gestes y sont désormais épiés, stockés, disséqués et analysés. Nos données personnelles y sont devenues une denrée de grande valeur, qu’on s’arrache à des tarifs plus élevés que l’or ou le pétrole, et dont l’étude permet de façonner plus aisément l’opinion (comme l’a démontré la récente affaire Cambridge Analytica).

Money money money !

C’est dans ce cadre loin d’être idéal que Facebook, source d’une bonne partie des maux du réseau global, a annoncé il y a quelques mois la création d’une nouvelle cryptomonnaie, prévue pour être lancée sur le marché début 2020. Si l’on s’en réfère au livre blanc présenté par la société, le Libra (qui doit son nom à une ancienne unité de masse chez les Romains) devrait être une monnaie numérique « open source », intégralement sécurisée par un fonds de capitaux réels (en vrai argent donc). Sa gestion sera assurée par la Libra Association, un consortium indépendant et à but non lucratif siégeant à Genève, composé de sociétés financières (Visa, Mastercard), commerciales (Uber, Spotify), d’organisations non gouvernementales et d’institutions académiques, qui auront a priori un droit de vote équivalent à celui de Facebook. L’initiative regroupe aujourd’hui 28 entités, mais devrait rapidement s’étendre à une centaine.

De prime abord, cette nouvelle monnaie embarque son lot d’avantages indéniables : simplification des transferts d’argent (qui pourront se faire via Messenger et WhatsApp, puis via une application dédiée), grande vélocité (Facebook annonce 1000 transactions à la seconde, contre 7 actuellement pour le Bitcoin), globalisation du système financier (protection contre l’inflation galopante)… Mais c’est surtout pour Facebook que les enjeux sont les plus importants : avec ses 2,4 milliards d’utilisateurs, la société pourrait rapidement voir sa monnaie adoptée, lui conférant ainsi un pouvoir sans précédent.

L’omniscience de Zucky

Parmi les inquiétudes soulevées par de nombreux « watchdogs » et experts financiers à travers le monde, il y a bien entendu les craintes d’un impact sur le marché financier mondial, mais aussi les risques liés au “mélange des genres”. L’agrégation de données personnelles et financières placerait Facebook dans une position de dominance jamais vue dans le domaine des données personnelles. Un avantage qui lui permettrait d’affiner encore mieux son profilage actuel, avec les risques de dérapages qu’on imagine. Sans compter que la société n’a pour le moment pas pris la peine de communiquer sur les possibilités d’interopérabilité du Libra avec d’autres portefeuilles de cryptomonnaie. Un point pourtant important pour s’assurer de l’existence d’une forme de concurrence face au “monstre” de Zuckerberg…

L’autre crainte concerne le besoin de transparence que la gestion d’une nouvelle monnaie implique. Facebook n’a jusqu’ici pas exactement brillé de ce côté-là et l’arrivée du Libra suscite, à juste titre, une certaine appréhension. Qui plus est, les autres entreprises impliquées dans l’initiative sont loin d’être toutes sans reproches quand il s’agit de respecter notre vie privée ou, plus simplement, de faire preuve de droiture morale. S’il y a bien un enseignement qu’on peut tirer de l’émergence du Bitcoin, c’est qu’il a renforcé une économie parallèle déjà présente avec l’argent liquide, et particulièrement la mafia des armes, de la drogue et de la prostitution. La promesse du Libra, c’est d’offrir une plus grande transparence sur toutes les transactions, obligeant les détenteurs de portefeuilles à s’identifier nommément. Le vrai danger dès lors tient surtout au contrôle qu’exerceront les États sur notre manière d’utiliser cette nouvelle monnaie, et sur les limitations qu’ils vont sans conteste chercher à lui imposer, comme c’est déjà le cas pour les espèces.

De l’eau dans le gaz

Il faut admettre qu’une monnaie virtuelle contrôlée par des corporations amorales a de quoi susciter l’inquiétude. Un constat qui a déjà amené plusieurs réactions adverses, présageant d’un début difficile pour la nouvelle cryptomonnaie. D’un côté, l’Union européenne a engagé plusieurs enquêtes à l’encontre du Libra, notamment sur des soupçons d’anticompétitivité. Mais aussi pour déterminer si l’initiative présentait un risque réel pour la stabilité financière de la planète.

De l’autre côté, plusieurs membres fondateurs de l’association seraient déjà sur le point de quitter le navire, en réaction justement à cette levée de boucliers à laquelle ils ne souhaitent pas être associés. En interne, on murmure d’ailleurs que Facebook serait a priori très agacé du manque de soutien public général de la part des investisseurs de la première heure. Le Libra serait-il déjà en péril ? Une chose est sure : le pari n’est clairement pas encore gagné pour Facebook.

Le jeu vidéo, pilier incontournable de notre culture

« Espèce de sans skin ! » Cette insulte a priori nébuleuse pour le commun des mortels connaît néanmoins un succès grandissant depuis quelques mois dans les cours de récréation. Trouvant son origine dans le jeu Fortnite, un titre de « Battle Royale » édité par Epic Games et particulièrement en vogue chez les adolescents, elle s’utilise avant tout pour qualifier quelqu’un de novice ou sans ressource. Vous l’ignoriez ? C’est fâcheux. Car cette expression offensante et opaque n’est pas une occurrence isolée : de plus en plus, les codes du jeu vidéo s’immiscent dans notre culture populaire et, par extension, dans nos relations sociales. Raison de plus pour lui accorder toute l’importance culturelle qu’il mérite.

Contrairement à ce que l’on peut souvent lire dans la presse, même spécialisée, l’importance du jeu vidéo dans notre société ne date pas d’hier. Ce qui a pris du temps, en revanche, c’est son accession à une légitimité dont jouissent depuis toujours films, musique et littérature. Une « normalité » qui s’est accélérée ces dix dernières années, période durant laquelle on a notamment vu le jeu vidéo s’installer dans nos musées (comme le World Video Game Hall of Fame du National Museum of Play de Rochester, New York), au même titre que d’autres œuvres culturelles plus traditionnelles. Mais alors, pourquoi le jeu vidéo, pourtant né dans les années 70, a-t-il mis autant de temps à acquérir ses lettres de noblesse culturelle ?

À la niche !

Pendant les deux décennies qui ont précédé leur massification, des années 70 à 90 environ, les jeux vidéo étaient avant tout perçus comme un hobby de niche, apparenté à une sous-culture connotée assez péjorativement. Une marginalisation qui ne les a pas empêchés, déjà à l’époque, d’attirer ponctuellement l’attention des médias grand public. Outre le phénomène Pong en 1972, ou celui suscité par Pac-Man en 1980, on retrouve des traces de jeu vidéo dans d’autres objets culturels bien avant son accession au podium des loisirs de masse. En 1978, par exemple, l’album éponyme du groupe de « synthpop » japonais Yellow Magic Orchestra échantillonnait allègrement les sons du Space Invaders de Taito. Ce qui n’empêche pas le jeu vidéo de demeurer, pendant ces vingt premières années, un loisir principalement réservé aux jeunes garçons, biais renforcé par un marketing allant exclusivement dans ce sens.

C’est au début des années 90 que le mouvement de popularisation va s’amplifier. Principalement grâce à l’apparition des consoles de salon, puis des téléphones mobiles, combinée à une volonté des éditeurs d’élargir le public cible en proposant de nouveaux genres de jeux (les « casual games » notamment). Deux éléments qui vont permettre au jeu vidéo de sortir progressivement du ghetto des salles d’arcade. C’est également à cette époque que le cinéma va commencer à s’intéresser au phénomène. D’abord, via des adaptations de franchises ludiques en longs métrages souvent discutables (on pense au Super Mario Bros. de 1993, première incursion du septième art dans le monde des pixels). Ensuite, par de nombreuses tentatives de fusion des genres, symbolisées par l’émergence durant la même période des premiers films interactifs, puis plus récemment, des Machinimas, des films et séries animées créés avec les moteurs de jeux vidéo. L’émancipation s’accentuera encore avec l’apparition des premières chaînes de télévision entièrement consacrées au jeu vidéo (comme Game One en France en 1998 et G4 aux États-Unis en 2002), et la prolifération de magazines dédiés (comme JoystickTilt ou Génération 4, pour ne citer que les plus connus).

Des pixels pour tous

Aujourd’hui, grâce à une volonté proactive des éditeurs d’ouvrir le média à d’autres couches de la population, le jeu vidéo fait désormais partie intégrante de notre quotidien. En 2011 déjà, une étude menée par NPD révélait que 91% des enfants américains entre 2 et 17 ans pouvaient être assimilés à des « gamers ». Un chiffre qui n’a cessé de croître depuis. Toujours selon NPD, via une étude de 2018 cette fois-ci, on apprend que 67% des Américains s’adonnent régulièrement au jeu vidéo, dont une bonne moitié sur plusieurs plateformes. Ce loisir autrefois réservé à une niche restreinte touche aujourd’hui une majorité d’aficionados, avec une quasi-parité entre hommes et femmes. Il n’est dès lors pas surprenant de voir que le média a pris une place de plus en plus prépondérante dans notre culture populaire. Une importance qui n’est pas sans incidence…

L’influence de la « pop culture » sur notre société n’est pas un phénomène récent, et de nombreuses études menées depuis le milieu des années 70, à l’aube des médias interactifs, l’ont largement documentée. Elle façonne les esprits, influence nos pensées, et de manière générale, c’est par son biais que s’écrit notre Histoire. Dans le cas du jeu vidéo, cette importance se voit en outre amplifiée par le côté participatif du média. On n’est plus simplement spectateur passif, comme c’est le cas avec un film ou un bouquin, on est désormais acteur engagé, participant, un statut qui renforce encore l’importance des messages véhiculés et facilite leur assimilation. D’où leur portée non négligeable sur le modelage de nos civilisations.

« Ne fais pas le Bambi ! »

La culture populaire, y compris celle alimentée par le jeu vidéo, nourrit nos rapports sociaux, régit nos comportements et nos interactions, et permet également de nous valoriser dans la société. L’ignorer aujourd’hui serait une erreur. Pire, en priver nos enfants sous des prétextes fallacieux (« les jeux vidéo, ça rend idiot », « fais plutôt du sport ») risque à terme de les isoler de leurs pairs. Dorénavant, notre curiosité culturelle ne doit plus se limiter aux seuls médias traditionnels, comme le cinéma, la littérature ou la musique. Si l’on ne veut pas subir une déconnexion avec la « pop culture » contemporaine, il est désormais primordial de garder un œil sur ce qui se passe du côté des loisirs vidéoludiques. Un intérêt qui vous permettra en outre de comprendre que lorsqu’un joueur en ligne vous qualifie de Bambi, il n’est peut-être pas en train de vous traiter de faon orphelin. Il est plus probable qu’il commente en réalité votre tendance suicidaire à gambader innocemment sur le terrain de jeu.

Génétique : en route vers l’immortalité

Depuis les balbutiements du “projet génome humain”, ambitieuse entreprise de séquençage complet de notre ADN entamée en 1990, la génétique n’a cessé de faire de considérables progrès. Ces vingt dernières années ont vu l’avènement de nouvelles techniques, comme CRISPR ou TALEN, permettant d’éditer notre code génétique avec de plus en plus de simplicité et de précision. Et si demain, la science nous permettait d’approcher d’un peu plus près le fantasme de l’être humain éternel, plus fort, plus malin, et jamais malade ? De la science-fiction, vous dites ? Pas si sûr…

Si vous suivez de près l’actualité scientifique, vous avez certainement déjà entendu parler de 23andMe. Fondée en 2006, l’entreprise basée à Mountain View, en Californie, tire son nom des 23 paires de chromosomes qu’on trouve normalement dans une cellule humaine. Elle fait partie de ces nombreuses sociétés qui proposent à tout individu le souhaitant de dresser son profil génétique, en échange de quelques dollars et d’un peu de salive. Et ça cartonne : des centaines de milliers de personnes ont ainsi soumis volontairement leur ADN à ces sociétés privées, avec l’espoir de dépister prématurément de risques de maladies dangereuses, voire mortelles.

Mais derrière cette apparente bienveillance se cache en réalité une autre raison d’être : la collecte d’informations, nerf de la guerre de notre XXIe siècle. L’ambition de 23andMe sur le long terme (et la société ne s’en cache pas) est de devenir le « Google du soin de santé personnalisé ». Un dessein qui n’est finalement pas si surprenant, quand on sait qu’on retrouve à la tête de l’entreprise une certaine Anne Wojcicki, épouse de Sergei Brin, fondateur du célèbre moteur de recherche. À l’heure où j’écris ces lignes, 23andMe possède déjà les informations génétiques d’un demi-million de personnes. Et ce chiffre devrait doubler d’ici la fin de l’année…

Montre-moi ton ADN, je te dirai de quoi tu vas mourir

Outre une réelle et sincère volonté de faire avancer la recherche médicale, en utilisant ces données génétiques pour tenter par exemple de découvrir le rôle de certains gènes dans le développement de maladies comme Parkinson ou certains types de cancers, on entrevoit assez facilement les dérives possibles d’un tel fichage. Une véritable aubaine pour les toutes puissantes compagnies d’assurances, qui seraient désormais en mesure de cibler leur communication, leurs produits, ou pire, en mesure de refuser de couvrir certaines personnes jugées à risque.

Mais tâchons un instant d’observer cette révolution sous un œil plus optimiste. Imaginez ce que l’on pourrait faire, dans un futur pas si éloigné, en croisant ces informations génétiques, avec nos données de santé (comme celles récoltées par le HealthKit d’Apple) et les informations comportementales dont dispose Google à notre sujet, au travers de nos habitudes de surf. Avec les possibilités de calcul disponibles aujourd’hui, notamment via de puissants outils d’apprentissage automatique(“machine learning”) comme TensorFlow, rien ne nous empêcherait désormais de croiser ces différentes sources de données pour y découvrir des associations insoupçonnées de séquences signifiantes dans notre ADN, et d’en déduire les conséquences potentielles. Il deviendrait alors particulièrement aisé de dépister maladies et défauts du corps humain, et de prolonger ainsi la longévité de l’espèce. Et pourquoi s’arrêter là ? On pourrait également faire émerger de ces masses de données des indicateurs de faiblesses et de talents, ou des indices de tendances comportementales. En avril dernier, un hôpital américain de San Diego s’est ainsi servi d’un logiciel utilisant l’IA (Moon, développé en Belgique) pour diagnostiquer avec succèsdes maladies génétiques rares chez des enfants, le tout en quelques minutes, contre plusieurs heures ou semaines quand ces analyses sont réalisées manuellement.

Ainsi naquit Cornélius…

Passé l’étape du diagnostic, la phase suivante consiste forcément au passage de la lecture passive de notre ADN (détection) à celle de l’édition. L’année dernière, en Chine, des chercheurs ont implanté à onze macaques rhésus (les plus proches de l’être humain d’un point de vue génétique) des versions humaines du gène MCPH1, gène qui jouerait a priori un rôle important dans le développement du cerveau. Dans les résultats de leur étude, parus dans le Bejing National Science Review, les scientifiques font un constat étonnant : après un temps de développement plus long que ce qu’on constate généralement chez cette espèce, les singes “édités” se sont avérés plus performants dans des tests impliquant la mémoire à court terme, et présentaient de manière globale un meilleur temps de réaction comparé à leurs congénères vivant dans la nature. Instinctivement, la première chose qui vient à l’esprit en lisant les résultats de cette expérience, c’est l’expérience que décrivait Pierre Boulle en 1963, dans son roman La Planète des Singes. Et si, en lieu et place de robots, la prochaine étape de la révolution industrielle entamée au XIXe siècle voyait des animaux génétiquement modifiés nous remplacer sur les lignes d’assemblage ?

Hack the humans !

Comme l’explique l’auteure Yuval Noah Harari, spécialiste des questions d’évolution de notre espèce, dans une interview accordée au magazine américain Wired, ces possibilités d’édition ne concernent pas que les animaux, et nous entrons désormais dans l’ère de ce qu’elle nomme « l’humain “hackable” ». C’est à dire, le résultat du croisement entre intelligence artificielle et savoir biologique, et la possibilité de concevoir des algorithmes capables de mieux nous comprendre que nous-mêmes, et donc de nous manipuler, de nous améliorer, voire à terme de nous remplacer.

Exemple concret : l’année dernière, un autre chercheur chinois, du nom de He Jiankui, a défrayé la chronique en annonçant la naissance des premiers bébés édités génétiquement(grâce à la technologie CRISPR), des jumelles augmentées du gène CCR5, offrant a priori une immunité à certaines formes du VIH, le virus responsable du sida. Et comme cette édition s’est faite au stade embryonnaire, cela signifie qu’elle se propagera sur les générations suivantes, entraînant de facto une mutation au long cours. Une expérience fortement dénoncée par la profession et les autorités scientifiques, mais qui augure également des possibilités d’amélioration de l’espèce qu’offriront dans un avenir proche ces différentes techniques d’édition du génome. Une avancée scientifique qui ne se fera pas sans une complète réévaluation de nos balises philosophiques.

Science-fiction : les ingénieurs rêvent-ils aussi de moutons électriques ?

Contrairement à une préconception assez répandue, la science-fiction n’est pas forcément toujours l’apanage des romans, films ou séries télé. Parfois, les plus jolies visions du futur, les plus avant-gardistes aussi, germent dans l’esprit d’individus qu’on pourrait sans hésiter qualifier de prescients. Au centre de cette permanente réflexion sur ce qui constituera notre quotidien de demain, la communication entre les hommes sert souvent de moteur principal, et particulièrement le désir de simplifier le flot d’informations qui circulent entre les individus. Non, la science-fiction n’est pas la chasse gardée des auteurs de romans; elle émane aussi, souvent, des esprits savants les plus brillants de notre génération. Petit florilège de documents qui, bien avant l’heure, avaient déjà rêvé nos temps modernes.

En 1961, dans un film documentaire commandé par Bell System (futur AT&T), et baptisé The Challenge of Change, le réalisateur Henry Strauss décortique les défis alors rencontrés par les entreprises. Faisant face à une croissance continue, elles luttent avec les maigres moyens de communication existants pour tenter de fluidifier leurs processus de production. Dans son film, Strauss ébauche notamment les potentielles solutions technologiques qui pourront, dans un avenir fantasmé, venir en aide à ces sociétés. À l’époque déjà, l’accès à une information centralisée se révèle être le nerf de la guerre. Pour circonvenir aux difficultés de communication dans des structures qui ont de moins en moins taille humaine, la machine apparaît alors comme la solution idéale.

Conversations de machines

Avec des outils comme le Data Phone(qui permet à deux machines d’échanger facilement des informations via une ligne téléphonique classique), Bell System a déjà un pied dans le 21e siècle. Ce qui n’empêche pas la société de rêver plus loin, et d’envisager dès le milieu des années 60 la mise sur le marché d’outils qui permettront, grâce à un combiné mélangeant audio et vidéo, de faire son shopping depuis son salon. Visionnaire !

Le 27 mars 1967, l’émission The Twenty-First Centuryde la chaîne américaine CBS imagine, dans un épisode intitulé At Home, 2001, à quoi ressemblera la maison du vingt-et-unième siècle. Et bien que le mot n’ait pas encore inventé (il ne le sera qu’une dizaine d’années plus tard, au sortir du choc pétrolier de 1978), la domotique est déjà au centre des fantasmes.

Dans cette émission d’une vingtaine de minutes, le journaliste Walter Cronkite, aidé d’ingénieurs et d’architectes, imagine à quoi ressemblera la maison des années 2000. Et si certaines spéculations s’avèrent pour le moins fantasques (comme le mobilier en papier, ou les fauteuils gonflables qu’on peut emporter partout), d’autres visent étonnamment juste.

La maison branchée

Pour Cronkite, les chaumières du futur s’articuleront autour d’une console centrale informatisée, capable de piloter tous les appareils de la maison : écran géant en 3D, chaîne hi-fi qui diffuse de la musique dans toutes les pièces, ou encore surveillance des alentours avec un circuit fermé de caméras. Les programmes de télévision seront disponibles à la demande, en fonction de l’humeur, et l’on pourra profiter d’un match de foot ou du dernier long métrage à la mode pendant que des robots passeront l’aspirateur à notre place. Des éléments qui nous semblent aujourd’hui anodins, à l’heure des TiVo, Netflix et autres Roomba, mais qui témoignaient à l’époque d’une réelle prémonition.

Qui plus est, toujours selon le journaliste, le vingt-et-unième siècle sera celui du travail à domicile. Grâce à plusieurs dispositifs mélangeant écrans et pupitres interactifs, on pourra conduire ses activités professionnelles depuis le confort de son chez-soi. Qu’il s’agisse de consulter les actualités, la météo, les cours de la bourse, ou encore de communiquer avec ses collègues via un système de visioconférence, la quantité d’informations disponibles par simple pression d’un bouton n’aura plus aucune limite. Bien avant son avènement dans nos maisons, Cronkite avait déjà imaginé qu’un jour, le Personal Computer deviendrait un élément indissociable de notre quotidien.

L’exemple le plus bluffant de futurisme avisé peut sans conteste être attribué à John Sculley, ancien CEO d’Apple, qui dans son ouvrage Odysseyparu en 1987, décrit ce qu’il appelle alors le Navigateur de Savoir(“Knowledge Navigator”, en anglais). Bien avant la popularisation des smartphones, et l’accès à Internet pour tous, Sculley explore déjà la piste des assistants personnels, et prédit qu’ils deviendront sans conteste des outils incontournables de nos vies futures.

La montagne accouche d’une Siri

Dans son livre, Sculley présente ce Navigateur comme un appareil capable d’accéder à de gigantesques bases de données, connectées en réseau, et consultables par la magie de liens interactifs qu’il baptise “cyberlinks”. Il ajoute en outre que grâce à un logiciel intelligent, capable de communiquer avec l’utilisateur en langage humain, la navigation au cœur de ces puits d’informations sera grandement simplifiée et accessible à tous.

Sans le savoir, l’homme d’affaires préfigure dès 1987 l’arrivée d’une certaine Siri, qui ne deviendra une réalité qu’une vingtaine d’années plus tard. Il invente également la notion de “documents ouverts” (“open docs” en anglais), qui faciliteront le partage d’informations en standardisant les données. Pourtant, à l’époque, la technologie pour rendre tout cela possible n’existe pas encore; ce qui n’empêche pas Sculley de rêver aux outils de demain avec une certaine perspicacité.

Comme quoi, il ne faut pas forcément s’appeler Philip K. Dick ou Asimov pour mériter le titre de “futuriste”. Si les fantasmes des auteurs de science-fiction participent incontestablement à l’avancement de notre civilisation, ils ne sont pas les seuls, loin de là. Dans la vie de tous les jours, d’anonymes ingénieurs, scientifiques, architectes, ou même simples penseurs, contribuent à dessiner avec acuité les contours de notre vie à venir. En s’autorisant à rêver, tout simplement.

Stadia : et si le projet de Google jetait les bases du premier véritable univers virtuel réaliste ?

La MatriceeXistenZSan Juniperoou encore l’OASIS: autant de mondes virtuels que la littérature, les séries télé et le cinéma nous ont invités à visiter durant ces dernières décennies. Mais dans les faits, il semble qu’on soit encore loin de voir se concrétiser ce fantasme proverbial d’un monde parallèle, fait de zéro et de un. L’archaïsme de projets comme Second Lifeou Theresemblent encore bien loin de proposer une réalité alternative digne de ce nom. Se pourrait-il néanmoins que l’arrivée prochaine de Stadia, la nouvelle plateforme de streaming de jeux vidéo annoncée par Google, constitue la première pierre d’un authentique univers cyberspatial ? Tout porte à le croire…

Depuis la nuit des temps, l’Homme a cherché à assouvir sa soif d’exploration en repoussant les limites des territoires connus. Mais après avoir découvert de nouveaux continents, de nouvelles planètes, exploré l’espace et l’Univers, sa quête d’horizons inédits s’est tout à coup heurté à un mur. Il y a près d’un siècle, en plein essor de la science-fiction, les romanciers se sont alors tournés vers une nouvelle frontière : celle des mondes virtuels.

En 1935, dans une nouvelle intitulée Pygmalion’s Spectacles, l’auteur américain Stanley G. Weinbaum décrivait le tout premier modèle fictionnel de réalité virtuelle. Dans ses écrits, l’écrivain nous présentait un univers généré de toutes pièces par la machine, monde imaginaire où tous nos sens étaient sollicités, et auquel on accédait en chaussant des lunettes spéciales. Un concept qui fera des émules : The MatrixThe Thirteenth FloorCaprica, pour n’en citer qu’une poignée, emboîteront le pas à Weinbaum, et alimenteront au fil des récits ce fantasme de plus en plus prégnant d’un monde imaginaire dans lequel l’individu pourrait librement se réinventer.

Les Dieux du Stadia

Le mardi 19 mars 2019, après plusieurs années de développement dans le plus grand secret, le géant Google annonce l’arrivée de Stadia, une nouvelle plateforme permettant de jouer à des jeux vidéo par le biais du streaming. Le projet, s’il réussit à séduire le public, pourrait à terme signifier la fin des consoles et autres machines à jouer, déplaçant nos activités ludiques dans le “cloud” et permettant d’y accéder depuis n’importe quel appareil muni d’un écran et d’un périphérique de contrôle. Pour le site Polygon.com, il ne s’agit ni plus ni moins que l’amorce d’une véritable révolution, et le chant du cygne pour le modèle actuel régissant nos loisirs pixelisés.

Et s’il l’on poussait la réflexion un cran plus loin ? À une époque où, il faut bien l’avouer, notre quotidien devient de plus en plus pesant, où le monde qui nous entoure semble animé d’une folie irrémédiable, où stress et burn-out font désormais partie de notre décor, il est normal que l’envie de s’échapper sous des cieux plus cléments, voire idylliques, soit désormais au centre de nos obsessions. Et à y regarder de plus près, il n’est pas complètement insensé de voir en Stadia, outre une révolution du “gaming”, le début d’un autre bouleversement : celui de l’arrivée imminente du premier véritable univers virtuel, dans lequel nous pourrions échapper à la morosité de nos existences terrestres et vivre une seconde vie imaginaire qui aurait tous les atours de la vraie, les tracas en moins.

Une seconde vie dans le “cloud”

S’il l’on se réfère aux spécifications techniques présentées par les ingénieurs de Mountain View lors de la conférence du 19 mars dernier, Stadiadevrait à terme pouvoir proposer pour chaque utilisateur du streaming vidéo en 8K, avec une fréquence de 120 images par seconde. En doublant ces attributs, il n’est dès lors pas interdit de rêver à une compatibilité avec les casques virtuels les plus puissants du marché, comme le Varjo VR-1, et d’envisager un rendu immersif d’un univers généré par ordinateur avec un réalisme jamais atteint.

De plus, comme toute l’activité de Stadiaest concentrée dans le “cloud”, les besoins de communication entre l’utilisateur et le système sont limités à la transmission du seul signal vidéo et des inputs des périphériques. La gestion de ce monde fabriqué pourrait donc se faire intégralement au sein des infrastructures de Google, sans coût supplémentaire côté bande passante. Un contexte qui permettrait par exemple de grandement simplifier l’évolution d’un monde virtuel centralisé, identique pour chaque utilisateur connecté. Plutôt que d’être contraints de récupérer une copie du monde virtuel en local, avec les contraintes de mises à jour, cet univers fictif pourrait être intégralement stocké à distance, sur de puissants serveurs dédiés.

La nouvelle frontière

En outre, cette concentration de données sur un serveur central autoriserait des sessions multijoueurs à des échelles jusqu’ici jamais atteintes. Oubliez les échauffourées de 100 belligérants dans Fortniteou Battlefield, on parlerait ici d’un monde partagé par des milliers, voire des millions de participants, le tout accessible à partir d’une simple tablette ou d’un banal téléphone mobile.

L’absence de transferts supplémentaires entre serveur et clients autoriserait également la genèse d’un monde littéralement sans limites, rivalisant sans forcer avec l’infini de notre Univers réel. Un écosystème de galaxies chimériques dans lequel on pourrait naviguer avec autant d’aisance que dans les recoins du web actuel. Et tout à coup, ce rêve d’un monde virtuel indissociable de la réalité semble à portée de clic.

Ce qui n’est encore aujourd’hui qu’un fantasme de la littérature et du cinéma pourrait donc, si Google choisit cette voie, devenir une réalité dans un futur relativement proche. Et telle Zoe Gaystone dans Caprica, la série télé injustement mésestimée de Ronald D. Moore, tout un chacun pourrait alors se plonger à l’envi dans une autre réalité, un V-Worldmalléable et façonnable au gré de nos envies. La réalité d’une “Second Life” est sans doute bien plus proche qu’on ne le pense. En tous cas, la technologie pour concrétiser ce fantasme centenaire est déjà à portée de main…

Les banques de papa chatouillées par les néo-banques

Après l’hôtellerie avec AirBnb, les taxis avec Uber, la livraison de plats à domicile avec Deliveroo et tant d’autres industries où sont apparus des pure players bousculant l’ordre établi grâce à de nouveaux modèles business, c’est au tour des banques d’être challengées par des concurrents numériques dont les applications mobiles séduisent de plus en plus d’utilisateurs. Si l’on n’est pas près de voir s’écrouler les banques de papa, elles ont cependant tout intérêt à tirer les leçons de ce qui séduit tant les utilisateurs chez ces nouvelles banques digitales et leurs applications aussi efficaces que créatives.

Surnommées « fintech », ces pure players fournissent en fait des services pour lesquels l’écrasante majorité d’entre nous fait encore confiance, souvent faute de mieux, aux banques traditionnelles. Si celles-ci demeurent indispensables pour le grand public tant pour des raisons réglementaires que, entre autres, pour des services tels que les emprunts hypothécaires, crédits et autres activités « classiques » du secteur, la concurrence se durcit sur d’autres aspects pour lesquels elles bénéficiaient d’un monopole. Car si ces néo-banques et leurs applications ne peuvent pas (encore) remplacer les institutions traditionnelles, elles ont tant de longueurs d’avance au niveau de l’expérience utilisateur, de l’ergonomie et de leurs fonctionnalités que l’on s’étonne de ne pas encore voir érigées en standards de l’industrie. Petit tour d’horizon non exhaustif de ces fintechs qui m’ont sérieusement tapé dans l’œil.

N26, première néo-banque active en Belgique

Honneur au pionnier en Belgique : N26. Ayant obtenu une licence bancaire Allemande en 2016, la banque en ligne propose une appli ainsi qu’une version web accessible depuis d’autres appareils. Parmi ses nombreux atouts, qui ont immédiatement fait de l’ombre aux applis des banques traditionnelles et sont devenus des standards dans le secteur, citons la connexion sécurisée par empreinte digitale ou FaceID, l’implémentation d’Apple Pay et le contrôle total de votre carte Mastercard via l’application (modification des plafonds de dépenses et de retraits, activation ou désactivation de paiements à l’étranger, changement de code pin, blocage de la carte, etc.), le tout de manière totalement sécurisée (3DS). 

Permettant de disposer d’un véritable compte IBAN, N26 vous informe par notification push de toute activité sur votre compte et permet les transferts internationaux dans 19 devises. La possibilité d’assigner une catégorie à toutes vos transactions offre un aperçu statistique cristallin de vos finances, catégorisées automatiquement par intelligence artificielle, avant de les exporter au format CSV pour en faire bénéficier votre comptable. N26 est disponible en anglais, français, allemand, espagnol et italien, quel que soit votre pays de résidence. Si l’on attend toujours sa compatibilité avec Apple Pay en Belgique, Google Pay est déjà disponible sur N26 dans le royaume.

Revolut, la révolution fintech

Revolut est actuellement le leader du marché fintech tant en terme du nombre de clients qu’à travers l’étendue de ses fonctionnalités. Après avoir créé votre compte IBAN britannique (en euros, livres, dollars ou lei roumains) en quelques minutes depuis l’application, vous voilà client. Vous pouvez désormais créer des cartes virtuelles éphémères, bien pratiques pour les abonnements en ligne « à l’essai » exigeant une carte de banque, ou pour limiter vos dépenses à un budget précis pour un voyage. Revolut propose également d’acheter et d’échanger cinq cryptomonnaies (Bitcoin, Litecoin, Ethereum, Bitcoin Cash et XRP) et de recevoir des notifications lorsque celles-ci atteignent la valeur de votre choix. Des services exclusifs de conciergerie, d’accès LoungeKey, d’assurance (pour vos bagages, vols retardés et frais médicaux à l’étranger) et de livraison internationale sont également accessibles.

Le nec plus ultra : bunq

En ce qui concerne la technologie, la créativité et l’expérience utilisateur, bunq se détache clairement de ses concurrents : comme les deux marques précitées, son application permet une gestion totale de vos comptes, de leurs réglages et de leurs fonctionnalités. Véritable banque néerlandaise, bunq est compatible avec Apple Pay, permet l’utilisation sans frais d’autres devises, 10 retraits par mois partout dans le monde, des transferts à taux de change réel via TransferWise, jusqu’à 25 comptes à IBAN unique pour mieux gérer vos différents budgets, une épargne automatique personnalisable et des cartes virtuelles. 

Particulièrement utiles : les comptes joints configurés en un seul clic pour les dépenses du ménage (accès complet partagé), par exemple, ou pour permettre à votre comptable l’accès à votre compte professionnel (accès restreint où vous devez valider les transactions). Il est également possible d’effectuer des transactions depuis 2 comptes différents à partir d’une même carte à laquelle ont été assignés 2 codes PIN différents. Permettant l’automatisation des paiements via des fichiers structurés, la reconnaissance automatique des formulaires de virement et l’encodage automatique de factures depuis un fichier scanné, bunq facilite grandement la gestion des comptes professionnels. 

En outre, les liens de paiement à envoyer comme rappels sont très efficaces, l’ergonomie de l’application est extrêmement bien pensée, l’approche de gamification permet de découvrir facilement toutes les fonctionnalités, et il est possible de choisir la manière dont bunq place votre argent : exclusivement dans des entreprises vertes, dans des prêts personnels ou encore via la BCE. Son API ouverte, qui ouvre la porte à un monde d’applications sur mesure liées à votre compte, ou encore l’authentification via la reconnaissance des vaisseaux sanguins de votre main comptent parmi les nombreuses cerises sur le très appétissant gâteau de la banque néerlandaise.

Dépenser ses cryptomonnaies facilement avec Wirex

Wirex est un concept un peu différent : plus qu’une véritable banque, son originalité et son utilité reposent sur le concept de portefeuille de cryptomonnaies, permettant de gérer depuis une plateforme unique 18 devises traditionnelles et numériques. Si les utilisateurs sont naturellement tributaires des délais de conversion propres aux différentes cryptomonnaies, ils bénéficient cependant des taux en temps réel, et surtout peuvent les dépenser à ce taux depuis une carte Visa. Ce qui est particulièrement efficace vu qu’actuellement, il est encore exceptionnel de pouvoir régler une transaction via un transfert de cryptomonnaies, alors que les paiements par carte Visa sont possibles partout en ligne et dans la plupart des points de vente physiques acceptant les cartes de crédit.

Le meilleur ami des PME : Holvi

Holvi est une banque finlandaise s’adressant aux entrepreneurs et freelances, leur offrant une gestion tout-en-un de leurs comptes et comptabilités et même un service intégré d’e-commerce : en quelques minutes, votre boutique en ligne est lancée, moyen de paiements et gestion des factures inclus. Toute la paperasserie est simplifiée et centralisée, ainsi que vos dépenses, via la Mastercard liée à votre compte. Créer et gérer votre PME n’a jamais été aussi simple, et grâce au concept estonien de e-Residency, les entrepreneurs de toute l’Union européenne peuvent passer par Holvi pour échapper aux longs processus administratifs classiques et créer leur entreprise rapidement, de manière sécurisée et légale. Tout en voyant passer leur e-commerce de projet à succès en moins de temps qu’il n’en faut pour débloquer sa carte SIM chez certains opérateurs téléphoniques. 

Payer d’un coup de poignet grâce à Boon

Au rayon des applications fort utiles, citons également Boon, produite par la société allemande Wirecard, et qui crée une Mastercard prépayée virtuelle pour vous permettre d’utiliser Apple Pay, Google Pay, Garmin Pay et Fitbit Pay avec votre carte de crédit même si votre banque ne le permet pas encore. Il vous suffit alors d’alimenter cette carte virtuelle pour pouvoir dépenser votre argent d’un geste de votre poignet. Et n’oublions pas non plus Curve, qui vous permet de regrouper toutes vos cartes de crédit Mastercard et Visa en une seule carte physique, et de choisir via l’application celle dont vous souhaitez vous servir. Cet émulateur de cartes simplifie également la gestion de vos notes de frais et offre un programme de cashback sur vos dépenses, comme la plupart des applications présentées dans cet article.

Des années de retard à combler

À la liste de ces fonctionnalités, on se rend compte que nos banques belges sont encore loin d’être au niveau des attentes des utilisateurs en termes d’expérience bancaire. Il devient donc de plus en plus irrésistible d’abandonner les applications primitives des banques historiques belges au profit de ces néo-banques en phase avec le monde moderne. Les gains de temps au niveau de la gestion administrative, de la comptabilité, sans parler d’éviter les mésaventures vous laissant sans moyen de paiement à l’étranger faute d’application efficace et de service clientèle disponible, démontrent un retard des banques de papa que l’on imagine difficile à rattraper. 

Heureusement pour elles, les banques à l’ancienne offrent encore des services dont les utilisateurs peuvent difficilement se passer, comme les prêts à la consommation, emprunts hypothécaires et autres. Car sans cela, elles verraient leur clientèle leur filer entre les doigts en moins de temps qu’il n’en faut pour transférer de l’argent entre deux comptes de banques traditionnelles concurrentes…

Le travail a-t-il un avenir ?

« Travailleurs, travailleuses… » Cette ouverture classique des discours politiques d’influence marxiste sera-t-elle bientôt définitivement obsolète ? Quelles que soient les considérations politiques des uns et des autres, les faits sont là : la robotisation galopante et les progrès de l’intelligence artificielle ont déjà commencé à chambouler la conception que nous nous faisons du travail. Dans un futur très proche, cette mutation aura tant progressé que la nécessité de réinventer en profondeur notre rapport à l’emploi, au labeur, au salaire et, en fait, à tous les aspects de cette notion si centrale dans nos vies, s’imposera par la force des choses. Quel est donc l’avenir du travail ? Commençons par nous demander s’il en a un, d’avenir…

Depuis la révolution industrielle, notre rapport au travail s’est modifié de manière radicale, comme jamais auparavant dans l’histoire de l’humanité. D’une société majoritairement agricole constituée de familles, pour la majorité pauvres mais relativement autosuffisantes sauf en cas de mauvaise récolte, où n’existaient que quelques dizaines de métiers, le monde a évolué, non sans violences et remous, vers une société dont la production industrielle centralisait toutes les forces vives. Les villes se sont transformées en quelques décennies, aspirant bon gré mal gré une population paysanne venue vendre sa force de travail dans les centres urbains, faute de pouvoir continuer à vivre sur les communs agricoles, dont ils furent souvent expropriés par la force des intérêts bourgeois et aristocratiques. Le travail passait ainsi de labeur au produit concret en lien direct avec les besoins vitaux des familles, à un concept de plus en plus spécialisé selon des besoins « supérieurs » et dont le produit était un salaire « permettant » de subvenir aux besoins individuels via l’achat de biens et services à d’autres professionnels, eux aussi spécialisés.

Depuis la moitié du XXe siècle, la part de l’industrie dans les pays… « industrialisés » s’est érodée au profit du tertiaire : les services constituent en effet à l’heure actuelle plus de trois quarts du PIB belge, l’agriculture oscillant autour du pourcent, et l’industrie autour de 20 %. La mécanisation et l’automatisation de la production industrielle, couplées à la délocalisation vers des mains d’œuvre meilleur marché, ont en effet réduit la part de l’industrie, et donc de ses travailleurs, dans les économies occidentales. Cela a entraîné un décuplement des métiers de services, que certains ont naïvement cru à l’abri de la robotisation. Des caisses automatiques dans les grandes surfaces aux drones-livreurs, suite logique des distributeurs automatiques en tous genres, cette place s’est réduite sans surprise au cours des dernières dizaines d’années, et les « petites mains » ont quasi systématiquement été remplacées par des machines.

Désormais, ce sont les métiers dits « intellectuels » qui sont en train de se faire rattraper par l’intelligence artificielle, comme on le constate dans le secteur financier par exemple, où les prouesses technologiques réduisent toujours plus la part humaine nécessaire. Mais même les chirurgiens, les enseignants ou encore les architectes, pour ne citer qu’eux, voient croître sans cesse la part de leur métier déléguée à nos serviables robots. Face à l’inévitable obsolescence qui attend les humains dans quasi tous les secteurs d’activité, les notions mêmes d’emploi et de salaire doivent bénéficier d’une réinvention totale de leur signification dans nos vies. Dans un monde où les tâches essentielles à la survie des individus, à leur confort, à leur niveau de vie et à leurs habitudes, sont assumées chaque jour un peu plus par les robots, quelle est la pertinence d’un emploi salarié à 40 heures par semaine ? En conservant la logique productiviste capitaliste, le poids des salaires n’a plus beaucoup de sens, mais sans maintenir le pouvoir d’achat de la population, le système s’écroule. Alors quoi ?

Dans ce contexte, la notion de revenu de base universel, un revenu minimum sans conditions versé à tout citoyen majeur, pourrait apparaître comme une utopie gauchiste née dans le pétard d’un hippie en train de délirer à Woodstock. Il n’en est rien : cette solution apparaît essentielle pour éviter une révolution qui mettrait le feu à tout le système. Il s’agirait de se servir des énormes richesses créées depuis plus d’un demi-siècle pour pallier la disparition des emplois, permettant jusqu’à présent de maintenir un niveau de vie suffisant pour que tourne l’économie, dont la consommation des ménages constitue une des clés de voûte. 

En permettant à tout un chacun de ne pas se soucier de ses revenus, et donc de sa survie, l’on encouragerait la créativité, l’entreprenariat, et surtout l’on permettrait à tant de forces vives contraintes aujourd’hui de gagner leur vie, de demain contribuer à la société de manière plus satisfaisante : en donnant un sens à cette contribution dont sont privés tant de métiers pour lesquels « gagner sa vie » constitue la seule véritable motivation. Sans peur de l’échec financier, en donnant la priorité au sens, tant personnel que pour autrui, de sa participation proactive et librement choisie à la société, l’individu est plus susceptible d’accomplir son plein potentiel, et donc, paradoxalement, cette liberté individuelle accrue se traduit en une utilité sociale décuplée.  

Si l’on prend en compte également tous les avantages liés à la santé, mentale et physique, qu’implique cette libération, ainsi que l’amélioration du tissu social, grâce à la nouvelle valeur accordée à l’équilibre travail-vie privée (prendre soin de sa famille, enfants ou aînés, ne se faisant plus au détriment d’impératifs matériels), des perspectives bien plus encourageantes que le pessimisme radical actuel s’offrent à nous. Mais pour cela, il faudra faire les bons choix, en tant qu’individus et en tant que société, pour permettre aux jeunes générations de bénéficier d’une éducation et de valeurs compatibles avec les exigences d’un monde où le travail s’invente individuellement, et où la valeur économique est liée à l’utilité sociétale que chacun se crée pour lui-même et pour la société.

Quand la science court après la fiction

Depuis Jules Verne, chaque génération a eu droit à son lot d’auteurs de science-fiction, pour le meilleur comme pour le pire. Et les meilleurs d’entre eux ont changé le monde, parfois autant – si pas plus – que ne l’ont fait Rabelais, Cervantes, Swift, Hugo, Kundera et tous les autres grands maîtres du roman. Si ces derniers ont distillé la philosophie dans l’esprit des lecteurs et leur ont appris à concevoir l’existence hors des écoles poussiéreuses de la pensée érudite, les Verne, Dick, Gibson, Asimov, Herbert, Orwell, Spielberg, Kubrick et consorts ont fait rêver des générations de futurs ingénieurs. Lesquels ont ensuite créé une réalité rêvée à travers les récits de science-fiction de leur enfance.

Si les bons romanciers maîtrisent l’art de faire réfléchir en divertissant, les grands auteurs de science-fiction, eux, divertissent mais surtout inspirent leurs afficionados. Certains fans en viennent à s’orienter vers une carrière dans les STEM (Science, Technology, Engineering and Mathematics) pour donner vie aux inventions les plus folles de leurs écrivains fétiches. Des ingénieurs donnant vie aux sous-marins puis aux fusées interplanétaires de Jules Verne, aux Elon Musk et Jeff Bezos fantasmant la vie martienne imaginée par Philip K. Dick, sans oublier les génies derrière le projet Soli (Google ATAP) qui font passer l’interface à reconnaissance gestuelle de Minority Report pour un gadget de kermesse, j’en passe, et des meilleurs. 

Imagination. Inspiration. Création. Ad Libitum. 

À ce titre, l’opéra galactique Star Trek est réputé pour de nombreuses inventions devenues réalité, même si toutes ne lui sont pas exclusives : téléphones portables (dont l’option mains-libres), Tricordeur, téléportation (quantique uniquement, à ce jour), assistants personnels à intelligence artificielle, imprimantes 3D, traducteurs universels, tablettes tactiles, etc. . Il est d’ailleurs fort possible que votre prochain smartphone se déplie en tablette selon vos besoins, et n’ait que très peu de choses à envier aux interfaces tactiles qui font rêver tous les fans de la série Westworld. La science ne cessera probablement jamais de courir après la fiction.

Désormais, si la conquête spatiale est en bonne voie, la tendance est à l’intelligence artificielle et au transhumanisme chez bon nombre d’auteurs (dont certains n’évoquent pas forcément la science-fiction), et non des moindres ! Si le médecin et entrepreneur Laurent Alexandre n’est pas connu que pour ses écrits (il est, entre autres, cofondateur du site Doctissimo), ses romans, essais et conférences Tedx illustrent son obsession du transhumanisme, de la menace neurototalitariste, et d’un accès à l’immortalité « à brève échéance ».

Transhumanisme, polars et intelligence artificielle

Dans Google Démocratie, coécrit avec David Angevin, Laurent Alexandre imagine la confrontation entre Sergey Brin, cofondateur de Google qui serait sur le point d’atteindre la Singularité, ayant mis au point une intelligence artificielle consciente, et un richissime politicien conservateur, Milton Earle, qui voit Google comme une menace sur l’humanité. Leurs détectives privés respectifs s’y affrontent dans une Amérique où les manipulations génétiques, la chirurgie et la chimie font les beaux jours de l’eugénisme. Les mêmes auteurs nous livrent dans Adrian Humain 2.0 l’histoire d’un homme génétiquement amélioré, à l’intelligence et au physique parfaits, tueur en série d’humains non modifiés qu’il considère comme une sous-espèce à éliminer.

Dans La Chute de l’Empire Humain : Mémoires d’un Robot, Charles-Edouard Bouée nous offre le récit d’un robot retraçant son Histoire, celle de l’intelligence artificielle et de sa lutte contre des humains qui peinent à trouver leur place dans ce monde où la Singularité a déjà eu lieu. Même Dan Brown s’y est mis, à travers son dernier polar Origine, où se mêlent religion et technologie dans une aventure au cœur des origines de l’espèce humaine, ce qui ne manque pas de bouleverser toutes les croyances sur lesquelles l’Homme a basé sa Genèse.

A contrario, il arrive que certaines tendances futuristes prennent une direction technologique moins spectaculaire lorsque la réalité traduit la fiction. Et on se rend compte alors que l’être humain n’est pas encore totalement convaincu de l’utilité des greffes robotiques, alors que disposer d’un smartphone permet d’obtenir un résultat moins intrusif et tout aussi satisfaisant. Personnellement, je me contenterai de mon iPhone, de mon Apple Watch, de mes AirPods, voire de lunettes connectées, plutôt que de subir des opérations chirurgicales transformant mes cornées en écrans ou de me faire implanter microprocesseurs, balises et capteurs sensoriels en tous genres. 

3e loi de Clarke et agences digitales

La plus-value éventuelle n’en vaut tout simplement pas la peine : nos « gadgets » suffisent amplement à faire de nous des humains 2.0, que nos aïeux considéreraient quasiment comme divinités aux pouvoirs surnaturels. « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie» comme le dit si bien la 3e loi de Clarke, auteur de science-fiction dont cet article ne pouvait naturellement pas faire l’économie.

Et l’on retrouve d’ailleurs, chez les acteurs de la révolution digitale, nombre de geeks dont l’enfance fut bercée par l’un ou l’autre univers de science-fiction. Ce sont eux qui créent aujourd’hui le monde dont on rêvait hier : voitures autonomes, majordomes électroniques, affichage publicitaire personnalisé dans les lieux publics, smartphones servant d’interface pour à peu près tout, boutiques en ligne où les achats se font en un clic, etc. Et la transformation digitale s’accélérant, le délai entre l’imaginaire et sa réalisation est passé de quelques décennies à quelques mois. Les auteurs de science-fiction doivent désormais se renseigner minutieusement pour éviter « d’inventer » ce qui existe déjà !

Dis, papa, c’est quoi la pub ?

Cette question que pourraient me poser mes fils s’ils n’étaient pas les enfants d’un publicitaire 2.0, se posera inévitablement aux jeunes pères un jour ou l’autre. Aussi inévitablement que se posaient aux générations précédentes des questions telles que « c’est quoi un chèque ? », « qu’est-ce que c’est que cette bouteille de lait ? » ou encore « c’est quoi le plein emploi ? »…

Ne nous voilons pas la face : la publicité telle que nous l’avons connue est mourante. D’une belle mort, ceci dit, puisqu’en un siècle, elle aura déjà bien vécu, de ses balbutiements dans les journaux et sur les façades, aux annonces déclamées en direct à la radio, puis aux séries télévisées produites par des marques de lessive, et échantillons de shampoing glissés entre les pages des magazines. Des spots révolutionnaires de réalisateurs bientôt oscarisés diffusés avant une séance de cinéma, aux dessins animés créés pour vendre les figurines de ses héros, en passant par les humoristes qui enfonçaient encore un peu plus les marques qu’ils parodiaient dans un inconscient collectif toujours plus gavé de pop culture, sans oublier les pop-ups, banners et autres pre-rolls, la vie de la publicité fut riche, voguant au gré des méandres des médias de masse. Il est grand temps de la laisser mourir en paix, et de tourner la page…

Adieu, fils de pub…

Toute une série de facteurs ont contribué à cette mise en bière. À l’heure des podcasts, de la VOD, des sites d’information payants, des adblockers et du RGPD, les canaux traditionnels par lesquels la publicité s’était imposée aux consommateurs se tarissent. La passivité n’est plus de mise depuis que le public choisit où et quand il consomme sa dose de contenus, et il devient de plus en plus difficile de s’arroger du temps de cerveau disponible sans son consentement explicite : Netflix n’a aucun intérêt à vous irriter en imposant des spots publicitaires en plein marathon de série. Le third party retargeting est bloqué par défaut sur iOS, Google refuse d’imposer des publicités trop invasives sur Chrome, et le taux de réponse aux courriels demandant l’autorisation de poursuivre l’envoi de telle ou telle newsletter – RGPD oblige – reste ridiculement faible. 

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